actu-lambda.fr

L’info LGBT vue d’ailleurs

embed
<iframe height="200" width="500" frameborder=0 scrolling=no src="https://actu-lambda.fr/spip.php?page=snip&id_article=23"></iframe>

La justice américaine autorise une plainte contre le pasteur américain responsable des lois anti-gays en Ouganda

vendredi 16 août 2013admin

Un tribunal fédéral de l’état du Massachusetts a annoncé mercredi avoir validé la procédure contre le pasteur évangélique Christian Scott Lively pour avoir illégalement travaillé à implanter un fort sentiment anti-gay et encouragé le projet de loi "Kill the gays".

Dans sa décision de 79 pages refusant la clôture des poursuites contre Lively, le juge Michael Ponsor a renvoyé l’affaire devant la juridiction du juge Kenneth Neiman, où une audience préliminaire devra être tenue.

L’histoire et les discriminations actuelles à l’encontre des personnes LGBTQI est précisemment ce qui les qualifie comme un groupe spécifique, susceptible de protection par le droit international, écrit Ponsor. Le fait qu’un groupe de personnes continue d’être vulnérable à des persécutions de grande ampleur et systématiques dans certaines parties du monde ne peut tout simplement pas protéger celui qui commet un crime contre l’humanité d’assumer ses responsabilités

Lively, président de l’église "Abiding Truth Ministries" basée en Californie, est connu pour prêcher - y compris en dehors des Etats Unis - que les homosexuels devraient être emprisonnés. En 2009, Lively faisait partie d’un groupe de trois pasteurs qui se sont rendus en Ouganda pour une série de conférences sur la menace de l’homosexualité dans la société africaine.

Selon le New York Times, Lively, en plus de ces conférences, a rencontré les législateurs ougandais pour discuter de la tristement célèbre législation anti-gays, connue comme la loi Kill the gays qui pourrait instituer la peine de mort pour homosexualité dans certains cas. Pourtant, Lively aurait plus tard indiqué qu’il ne soutient pas une loi qui comprendrait la peine de mort.

Le pasteur, basé en Californie, plaide en faveur de la criminalisation de l’homosexualité au moins depuis 2007, quand il avait écrit une lettre ouverte au peuple russe l’invitant à la rendre illégale. La récente loi russe contre la “propagande homosexuelle” qui a provoqué un tollé considérable ces dernières semaines, va dans le sens de ce que Lively envisageait dans sa lettre.

Ma philosophie est de laisser tranquille les homosexuels s’ils gardent leur style de vie privé, et de ne pas les forcer à faire une thérapie s’ils ne le souhaitent pas, écrivait Lively. Cependant, l’homosexualité est destructeur tant pour les individus que pour la société, et elle ne devrait jamais être mise en avant de manière publique. La meilleure de façon de décourager les “gay pride” et autres plaidoyers en faveur de l’homosexualité, est de rendre ce genre d’activité illégale, dans l’intérêt de la santé publique et de la moralité.

La plainte contre Lively a été déposée en Mars 2012 par l’association SMUG, basée au Massachusetts (Centre pour les droits constitutionnels en faveur des minorités sexuelles en Ouganda) qui travaille à faire échouer les lois ougandaises anti-gays.

Frank Mugisha, directeur de SMUG, a déclaré au Washington Blade qu’il était très satisfait que le tribunal ait décidé de procéder avec l’affaire contre Lively.
Cela montre que personne ne peut violer les droits de l’homme à l’international Mugisha a ajouté. Les droits des personnes LGBT sont universels.

Le Centre pour les Droits Constitutionnels attaque Lively sur la base d’une loi de l’état et le “Alien Tort Statute”, qui autorise les tribunaux américains à se porter compétent pour des plaintes déposées par des citoyens non-américains pour des actes commis en dehors du territoire des USA. L’association demande des dommages et intérêts, un jugement que les actions de Lively ont violé les lois internationales, et une injonction lui interdisant ce type de prosélytisme dans le futur.

Pam Spees, avocat pour le Centre pour les Droits Constitutionnels, s’est déclaré ravie de la décision de la cour d’autoriser la plainte.

Je pense qu’il va y avoir un effet à long terme, un peu partout, pas seulement en Ouganda, mais dans tous les endroits où la persécution se passe de ce genre de manière a ajouté Spees. Le fait que les personnes LGBT soient reconnues comme ayant droit à la même protection contre les persécutions que d’autres groupes est une confirmation historique qu’il s’agit d’un principe de base fondamental des lois internationales.

Le cabinet juridique conservateur connu sous le nom de “Liberty Counsel” est l’acovat de Lively dans cette affaire. Il n’a pas souhaité réagir pour l’instant mais Spees s’attend à ce que ces avocats fassent appel de cette décision. Le dénouement de l’affaire, selon Spees, pourrait prendre plusieurs années.

Mark Bromley, président de l’association LGBT internationale “Council for Global Equality” estime que la décision du tribunal d’autoriser la plainte est à la fois convaincante et novatrice, en ce qu’elle établit que les persécutions contre les personnes LGBT peuvent constituer un crime contre l’humanité.

C’est également un premier pas, modeste mais essentiel, dans la dénonciation de ceux qui exportent l’homophobie dans le reste du monde ajoute Bromley. Et j’espère que cela servira d’avertissement à ces leaders politiques ou religieux à travers le monde, qui continuent à cibler les homosexuels pour service leur propre intérêt politique

Source [WashingtonBlade (USA, en)]

Portfolio