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Cuba : Mariela Castro en faveur de la légalisation des unions homosexuelles

dimanche 18 août 2013admin

Mariela Castro, fille du président Raúl Castro et égérie de la lutte contre les discriminations sexuelles, s’est récemment prononcée en faveur de la légalisation des unions homosexuelles à Cuba, dans une entrevue avec l’AFP.

Ce que dit la grande majorité des gays et des lesbiennes est qu’ils souhaitent la légalisation des unions homosexuelles pour bénéficier des droits patrimoniaux, qui les intéressent en tout premier plan, puisque même les couples hétérosexuels ne se marient pas. Ce n’est pas une priorité pour eux a indiqué Castro, directrice du Centre National d’Education Sexuelle (Cenesex).

Cela dit, j’attends avec impatience que nous discutions de sujet à l’assemblée nationale, et que nous puissions apporter aux couples homosexuels les mêmes avantages qu’ont les couples hétérosexuels a-t-elle ajouté.

Castro participait cette semaine à Montevideo à la première réunion de la Conférence Régionale sur la population et le développement en Amérique Latine, à l’occasion de laquelle elle a été déclarée “visiteur de marque” de la capitale uruguayenne.

La sexologue a souligné les progrès réalisé dans son pays en faveur des droits des homosexuels et des transgenres, particulièrement depuis 2012 quand le parti communiste de Cuba a, pour la première fois, défini comme objectif la lutte contre toute forme de discrimination, y compris celle basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Nous avons identifié que ces droits sont particulièrement mis à mal dans le domaine familiale et dans le milieu du travail a-t-elle expliqué, tout en indiquant que c’était dans le monde du travail qu’il serait le plus facile d’intervenir.

Castro a qualifié de mensonges les allégations disant qu’auraient existé des camps de travail pour homosexuels dans les années 60. Elle a expliqué que les homosexuels et transgenres devaient eux aussi effectuer leur service militaire obligatoire.

C’était une période assez compliquée, les Etats Unis nous agressaient de manière continue […] on utilisait les appelés pour soutenir la production, on appelait cela les unités militaires d’appui à la production a-t-elle affirmé.

Elle a quoi qu’il en soit indiqué que ceux-ci ont étaient séparés lors de leur service militaire et qu’il s’y reproduisait les mêmes attitudes homophobes que dans l’ensemble de la société.

Tous les jeunes devaient effectuer leur service militaire. Et à l’intérieur, il y avait différentes unités. Il y avait le peloton des homosexuels, le peloton des religieux. Et […} dans certains cas, il y avait des chefs d’unité très homophobes, avec des attitudes désagréables, et d’autre n’avaient pas ce problème et s’intégraient bien dans leur unité militaire

Les mêmes attitudes homophobes de la société cubaine se reproduisaient dans ces unités militaires a-t-elle soutenu.

Elle a par ailleurs nié qu’aient existé des cliniques psychiatriques à Cuba dans les années 80 pour guérir de l’homosexualité.

A Cuba, les cliniques n’ont jamais travaillé dans cet état d’esprit a-t-elle dit.

L’association américaine de psychiatrie avait établi que l’homosexualité était une pathologie, et elle établissait des critères thérapeutiques pour transformer les homosexuels en hétérosexuels, et c’est devenu la pensée scientifique dominante dans le monde entier. C’est cette même association sud-américaine de psychiatrie qui a retiré l’homosexualité de la liste des pathologies, et l’Organisation mondiale de la santé l’a fait à son tour en 1990.

Certains psychiatres ont assumé ces critères professionnels, mais il y en a également beaucoup d’autres qui ne l’ont pas fait à Cuba.

Et [cela] a été une des choses qu’a fortement combattu l’association des mères cubaines, ma mère était personnellement contre ces thérapies. Mais ce n’était pas une chose si généralisée a-t-elle dit en référence à Vilma Espín, l’épouse décédée de Raúl Castro, qui fut l’une des dirigeantes de la lutte contre le dictateur Fulgencio Batista.

Au cours des dernières années, des dissidents cubains - La Havane les accuse d’être des mercenaires à la solde des Etats Unis - ont dénoncé un racisme persistent sur l’île, affirmant que la présence de noirs au sein des instances dirigeantes était minoritaire et purement symoblique, et qu’ils ne disposaient d’aucun pouvoir réel.

C’est un énorme mensonge. Il n’y a pas autant de racisme à Cuba, comme ils essayent de le décrire affirme Castro. Parce que c’est la révolution même qui a implanté les valeurs contre le racisme, à commencer par le système éducatif.

Selon Castro, il est extrêmement compliqué à Cuba d’avoir une attitude raciste, cela est très mal vu et c’est en plus illégal. Mais elle a admis qu’il y a encore des attitudes racistes dans la société.

Cuba a pris conscience il y a quelques années qu’il fallait continuer à travailler pour casser l’imaginaire raciste, qui existe encore dans quelques expressions, de manière subtile, mais pas dans des actes concrets, qui seraient illégaux a-t-elle expliqué. Alors nous travaillons à partir du point de vue de l’éducation, et dans toute la société.

Je pense que tous les préjugés qui ont développés pour justifier les relations de domination du système colonial sont [toujours] présents dans la région, a déclaré Castro. Le racisme vient de tout ce processus, la xénophobie, la misogynie, les rapports de classes très différents.

Source : [Terra (Perou, es)]